mardi 22 septembre 2009

Visite de l'école syndicale nationale Lazzaro Peña

L’école syndicale de La Havane ferait pâlir d’envie les formateurs de nos centrales professionnelles et centres d’éducation permanente. Une infrastructure impressionnante et en très bon état, équipée en salles de cours, salles à manger, chambres, bibliothèque, musée, parc, bar et piste de danse, le tout dans un complexe éloigné du centre ville dans un cadre calme et verdoyant. De quoi faire émerger quelques idées…
Créée en 1975, elle répond à une nécessité ressentie par la CTC de former dans un même lieu les cadres syndicaux de l’ensemble du pays, et de toutes les centrales syndicales.
Des centres de formation existent cependant dans toutes les provinces et municipalités du pays, où sont formés les travailleurs de base et les délégués par des formateurs eux-mêmes formés dans l’école nationale. Il est indispensable, pour les cadres syndicaux de la CTC, de passer par les modules de formation de cette école s’ils veulent accéder à un quelconque poste à responsabilités au sein de l’organisation.

Le contenu des formations :
Celles-ci se présentent sous forme de modules, d’une durée allant d’une semaine à un mois. Ils ont pour objet des thématiques telles que les agrégats économiques, le droit social, la communication, la « direction scientifique » (en gros, = bases de l’administration des affaires), la « direction politique » l’idéologie et les valeurs du socialisme, la méthodologie, et bien entendu tous les sujets ayant trait spécifiquement aux pratiques syndicales (correspondant approximativement à ce que nous connaissons dans les formations de base pour les délégués, DS, CPPT, prises de parole, lecture d’un budget, etc.)

Dans les années 90, la CTC a développé, en collaboration avec le ministère de l’éducation, des formations permettant aux travailleurs et cadres syndicaux de suivre des cours du soir et du samedi leur donnant accès à des diplômes tels que le secondaire inférieur et supérieur, le graduat et même le diplôme universitaire. Cette dynamique a été instaurée lors de la « période spéciale », qui a suivi la chute du bloc soviétique, époque très difficile pour les Cubains qui ont vu leur principal partenaire commercial disparaître, tandis que l’embargo américain les étranglait. Ils pouvaient ainsi commencer à travailler pour manger tous les jours, tout en continuant à se former. A l’heure actuelle, ces parallèles n’existent plus dans l’école des cadres syndicaux.
Des tests sont organisés à la fin de chaque module, avec à la clé des certificats et éventuellement un grade correspondant à la façon dont les travailleurs se sont distingués tout au long de la formation.


Les étudiants : ils sont un maximum de cinquante par modules, et sont en général des cadres syndicaux de l’ensemble des provinces cubaines, dont le rôle sera ensuite de former leurs cadres de base et travailleurs. Ils sont « choisis » par leurs supérieurs en fonction de leurs aptitudes de base et de leur motivation. La hiérarchie s’établit de façon territoriale, en fonction du rayon d’action sur lequel s’établissent les référents en matières de formation, mais aussi d’intervention auprès des entreprises :
Travailleurs de base
Centres de travail (c’est comme ça qu’ils appellent les entreprises)
Municipalités (communes)
Provinces
Secrétariat national

Participent également aux formations de cette école énormément de travailleurs étrangers, principalement latino-américains, mais aussi certains cadres espagnols. Nous avons eu l’occasion de visiter une classe formée de travailleurs de 11 nationalités différentes, tous latino-américains, groupe que nous allons rencontrer demain (mercredi) soir de manière plus informelle pour échanger sur les systèmes de formations, leurs expériences ici en termes de formation syndicale, etc.
Jusque fin des années 90, des cours étaient également organisés pour des Africains issus des pays anglophones et lusophones, mais ces modules ont été suspendus pour le moment.
Les formations pour les travailleurs étrangers se donnent « à la carte », en fonction des disponibilités de timing et de professeurs. Ils peuvent faire des demandes spécifiques en termes de contenu. Le prix d’une telle formation coûte environ 380 dollars pour trois semaines, incluant les cours (toute la journée), le logement, trois repas quotidiens, les visites et le matériel pédagogique.

Le financement : Le fonctionnement de cette école est financé par, d’une part, les cotisations des travailleurs (1% du salaire est prélevé à chaque travailleur – 98 % des travailleurs sont affiliés à la CTC), et d’autre part par les apports des subventions internationales, via des projets tels que le nôtre. Ceux-ci constituent cependant des financements ponctuels. Selon d’autres sources, les enseignants sont payés par l’Etat, mais nos interlocuteurs nous assurent que ce n’est pas le cas. Le doute persiste…

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