lundi 28 septembre 2009

Fin de voyage..

Cuba constitue incontestablement un modèle de société « à part ». Le système social cubain est riche et ses qualités en matières de promotion de l’égalité, de l’accès à tous à l’éducation, aux soins de santé et au logement sont indéniables. Cela permet à l’île de ne pas souffrir d’une pauvreté endémique et mortelle telle qu’elle existe dans la plupart des pays d’Amérique latine. L’analphabétisme est quasi inexistant, et les Cubains sont les mieux formés d’Amérique latine. Grâce à de solides campagnes de prévention et d’assainissement, les maladies tropicales sont inexistantes (récemment, une grande mobilisation a eu lieu de la part du Ministère de la Santé contre le Dengue, dont l’expansion se fait fortement sentir dans beaucoup de pays du continent, et qui se rapprochait de Cuba dangereusement). Les conditions de vie sont cependant loin d’être idéales (voir extrait de la conversation avec ami géologue), et de gros dysfonctionnements assombrissent depuis trop longtemps la vie des Cubains, dont une majorité de la jeunesse ne pense qu’à une chose : partir.

Cuba, il faut le vivre, le sentir, s’y ouvrir, parler avec les Cubains, s’asseoir autour d’un rhum et écouter, entendre, rire aussi, car sans le rire et les blagues d’autodérision qui font la saveur de l’humour cubain, tout serait encore beaucoup plus difficile. Il faut s’imprégner de ses réalités, parcourir ses rues, découvrir ses artistes et ses écrivains. Ne pas nier que la liberté est relative, que s’exprimer librement n’est pas toujours permis et parfois puni (il y a actuellement 75 prisonniers politiques dans les prisons cubaines), qu’entrer et sortir librement du pays est un rêve encore lointain pour la plupart des Cubains (beaucoup tentent encore l’aventure par la mer, avec des moyens pour le moins précaires), et que la possibilité de vivre dans la dignité, pour nombreux d’entre eux, tient en grande partie aux « remesas » (argent en devises) envoyées par l’un ou l’autre membre de la famille exilé à l’étranger.
Ce projet de collaboration entre la Centrale générale et la SNTC est très intéressant, à la fois pour nous et pour les syndicalistes cubains, il permet de s’enrichir des connaissances et expériences mutuelles et de découvrir des réalités totalement différentes de celles que l’on a l’habitude de côtoyer. Puisse ce projet continuer dans cette voie et donner aux travailleurs cubains, mais aussi à nos équipes de délégués, toujours plus de possibilités d’apprendre, et de s’enrichir des expériences de vie et de travail présentes des deux côtés de l’Atlantique. Hasta la vista.

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