samedi 26 septembre 2009

Le nouveau système de paiement des salaires

Une transformation fondamentale est en train de s’opérer dans l’économie cubaine. Après avoir une première fois augmenté le salaire de base depuis deux-trois ans, le gouvernement a décidé d’instaurer un système de rémunération sous formes de primes à la productivité. Ces primes peuvent être calculées collectivement (augmentation plafonnée à 30 % du salaire de base) et individuellement, en fonction de critères tels que le nombre d’heures prestées, les qualifications liées au poste, les responsabilités assumées, ainsi que la productivité en tant que telle. Tout cela, via l’incontournable émulation.
Un travailleur de la construction peut ainsi gagner un salaire de base de 400 pesos cubains (l’équivalent de 15 dollars), qui, renforcé par ces primes émulatives, atteindra en fin de mois 800 ou 1000 pesos.
Comme nous avons eu l’occasion de le constater lors de la visite de chantiers mercredi, certains salaires restent calculés de manières difficilement compréhensible, l’ouvrier peintre travaillant sur un immeuble de 4 étage que nous avons interviewé gagnant deux fois plus que celui oeuvrant sur un édifice de 24 étages, dans des conditions de sécurité similaires.
Les primes liées à la productivité dépendent également de la fourniture en matières premières, ce qui peut constituer un élément fortement discriminant en fonction des chantiers où les travailleurs se trouvent. La livraison est censée s’effectuer de façon égale et proportionnelle sur tous les chantiers, mais il existe cependant des différences, et des travers.
Ce système de paiement à la productivité, largement soutenu et défendu par les syndicats, semble en général bénéficier de l’approbation des travailleurs. Il faut dire que les salaires, malgré les récentes augmentations dans tous les secteurs, restent tellement bas, que toute mesure permettant d’arrondir les fins de mois sont les bienvenues.
Une précision importante : les employés de bureau du secteur de la construction, dont le travail est moins pénible, reçoivent un salaire situé sur l’échelon le plus bas du secteur, et des primes proportionnellement plus basses aussi (primes collectives plafonnées à 15 % de la productivité globale, contre 30 % pour les ouvriers). Par exemple, le salaire d’une secrétaire dans les bureaux d’une entreprise de construction sera de 350 pesos, contre 530 pour un maçon de base.
Le rôle des instructeurs syndicaux dans les entreprises comprend l’explication globale et détaillée de ce nouveau système, ses tenants et aboutissants, et les recours qui existent en cas de litige entre un travailleur et sa direction (l’entièreté de la production réalisée par un travailleur, ainsi que ses heures prestées, sont reprises dans un registre, qui permet de suivre son parcours de productivité tout au long du mois, et d’avoir des données objectives sur lesquelles s’appuyer en cas de doute. Cela, dans la théorie. Il est possible que l’effectivité réelle de ce contrôle soit parfois moins précise.)
Une assemblée est organisée dans l’entreprise préalablement à l’application de ce système afin d’expliquer les objectifs et critères de celui-ci, et il n’est mis en place que s’il y a consensus des travailleurs sur la nouvelle mesure.
Une majorité de secteurs semble déjà l’avoir approuvée et mise en application.
A suivre également…

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